Suis-je une bonne mère?

Suis-je une bonne mère?
Article déposé le 6 février 2012

Aujourd'hui, les magasines féminins abordent la maternité comme un état heureux permettant l'épanouissement absolu féminin.

E.BADINTER, déjà, dans "Le conflit : La femme et le mère" publié en 2010 aux éditions Flammarion mettait en garde contre ce dictât masculiniste sans porter une attention particulière au chaos dans lequel les futures mères et les jeunes mères se trouvent confrontées.

E.ABECASSIS dans un roman "Un heureux évènement" relate les différents états émotionnels et physiques de la grossesse en passant par l'accouchement pour finir par la maternité. Elle nous alerte sur ce que certains auteurs appellent "le burn out maternel".
 


  • Transformation physique
    Le premier deuil à faire est celui de son corps d'avant la grossesse. La réappropriation de ce nouveau corps gonflé, grossit, couvert de vergetures est parfois violent pour la femme. Cette violence est d'autant plus forte que les canons de beauté féminins de notre société sont longilignes et androgynes loin de la volupté de la femme enceinte.

  • Le temps
    Devenir mère, c'est aussi prendre conscience du temps qui passe. Cela renvoie à la propre vieillesse de la mère. Le statue de mère implique le deuil de la vie d'avant : la légèreté et l'insouciance sont exclus de la maternité.

  • Perte de l'identité de femme
    Cette perte est en générale passagère, elle peut durer jusqu'à 18 mois après l'accouchement car la femme n'a de disponibilité psychique que pour son enfant. Son identité de mère vient effacer celle de femme, c'est à cette dernière aidée de son partenaire de garder et/ou de retrouver cette identité de femme.

  • Difficulté conjugale
    La maternité a des répercutions sur la vie de couple si les conjoints laissent leur relation être rythmée par le nouveau né. Il leur appartient de créer un espace temps pour leur vie de couple.

  • La sexualité
    La sexualité est mise à mal de part les douleurs aux rapports dues aux épisiotomies et à l'indisponibilité psychique de la femme (évoquée ci-dessus). De plus lorsque le futur père assiste à l'accouchement la vue de l'appareil génital féminin peut venir désacraliser le sexe. Il est impératif pour les couples de travailler sur la séduction, la sensualité et l'érotisme sans qu'il y est pour autant une sexualité cela permet de préserver une intimité conjugale.

  • Culpabilité à l'égard de l'enfant
    Le nouveau né est parfois perçu comme un inconnu, un étranger dont on se méfie. La mère peut passer par des états de culpabilité si elle se sent persécuter par son enfant. L'attention que nécessite un nouveau né et la réorganisation de la vie de la femme peuvent l'amener à voir son bébé comme un monstre d'égoïsme et à avoir des sentiments négatifs à son encontre. Ces émotions sont rarement évoquées dans les magasines et les ouvrages destinés aux futurs parents si bien que les femmes se culpabilisent d'autant plus de les éprouver.

 
Pour conclure

J'ai écrit cet article en faisant référence aux vécus de ces jeunes mères qui viennent en consultations et en faisant référence aux désarrois de ces jeunes pères pour qui se situer est tout aussi difficile.
Pour mettre un peu de légèreté à cet article, je vous conseille la lecture de l'excellent roman d'E.ABECASSIS "Un heureux évènement" qui a inspiré un film du même nom sorti en DVD le 1er février 2012.
Pour ma part je n'ai lu aujourd'hui que le livre mais un couple que je reçois en consultation m'a parlé du film car la jeune mère s'est identifiée à l'héroïne.

Classé dans : Féminin - Masculin

À propos de l'auteur

Caroline Van Assche

Formée à la thérapie de Couple et de Famille à l'Institut Michel Montaigne à Bordeaux,

Formée à l'ICV (Intégration du Cycle de Vie) à l'Institut Double Hélice,


Diplômée en Psychologie Clinique et Pathologique à l'Université Bordeaux 2 Victor Segalen,


Formée au Conseil Conjugal et Familial au Planning Familial de la Région Ile de France,

Formée au Travail Psychanalytique avec les couples et les familles au Collège de Psychanalyse Groupale et Familiale de Bordeaux,
Formée à la Sexologie Clinique et Santé Publique à l'Université Paris 7 René Diderot,
Formée à la Sexologie Sexofonctionnelle à l'Université Paris 6 Pierre et Marie Curie,
Membre de L'Association Nationale des Conseillers Conjugaux et Familiaux,
Membre de L'Association Francophone de Sexologie Sexofonctionnelle.