Le viol conjugal comme atteinte à la fonction érotique

Le viol conjugal comme atteinte à la fonction érotique
Article déposé le 10 octobre 2011

Introduction

Avant les années 60-70, la sexualité était vécue par les femmes comme un risque : risque de grossesse. Imaginez-vous aujourd'hui vivre dans un monde où la contraception n'existe pas, où elle est même répressible! Quelle serait la qualité de vos rapports?

Avec la contraception, cette épée de Damoclès n'est plus au dessus de nos têtes. C'est pourquoi, on a parlé de plaisir et de liberté sexuelle. La finalité de la sexualité n'est plus exclusivement la reproduction, elle est aussi la recherche de l'épanouissement sexuel et la quête de la jouissance.

Aujourd'hui, les femmes en étant actrices de leur sexualité peuvent jouir de cette fusion charnelle en toute quiétude.

Le viol conjugal

L'article 222-23 du code pénal définit le viol comme "tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise."

C'est la notion du consentement ou plus exactement du non consentement dont il est question.

La notion du désir est niée. Le désir quel qu'il soit participe à la construction de l'individu en tant que sujet singulier. De la négation du désir naît bien souvent un sentiment d'inexistence, d'aliénation et d'étrangeté chez les victimes.

Le viol conjugal : un traumatisme

Trois états psychiques sont fréquemment rencontrés chez les victimes de viol:
 


  • La sidération de la pensée: le viol est impensable pour la victime si bien qu'elle semble absente après les faits

  • L'effraction de l'intimité: l'effraction est à la fois physique et psychique. Le pouvoir de l'agresseur et le sentiment d'impuissance de la victime sont mis en jeu

  • Le sentiment d'étrangeté: les stigmates de l'agression sont tels que la victime se sent étrangère à sa propre famille et à elle-même



Prise en charge sexothérapeutique des victimes de viol
conjugal



  • Verbaliser le(s) viol(s) pour reconnaître son existence: ce premier travail permet à la victime d'exprimer son état émotionnel et de se positionner en tant que victime.

  • Redevenir un sujet désirant: il s'agit là pour la victime de réactiver le désir. Dans un premier temps, il ne s'agira pas du désir sexuel mais de s'affirmer en tant que sujet, en tant que "je".

  • Réappropriation du corps: progressivement le corps souffrance devient de moins en moins souffrance avec la perspective de devenir un corps plaisir.

 

Pour conclure

Prendre en charge des victimes de viol c'est favoriser la pensée, en permettant à la personne de reconstruire sa propre intimité physique et psychique.

Classé dans : Sexothérapie - Sexologie

À propos de l'auteur

Caroline Van Assche

Formée à la thérapie de Couple et de Famille à l'Institut Michel Montaigne à Bordeaux,

Formée à l'ICV (Intégration du Cycle de Vie) à l'Institut Double Hélice,


Diplômée en Psychologie Clinique et Pathologique à l'Université Bordeaux 2 Victor Segalen,


Formée au Conseil Conjugal et Familial au Planning Familial de la Région Ile de France,

Formée au Travail Psychanalytique avec les couples et les familles au Collège de Psychanalyse Groupale et Familiale de Bordeaux,
Formée à la Sexologie Clinique et Santé Publique à l'Université Paris 7 René Diderot,
Formée à la Sexologie Sexofonctionnelle à l'Université Paris 6 Pierre et Marie Curie,
Membre de L'Association Nationale des Conseillers Conjugaux et Familiaux,
Membre de L'Association Francophone de Sexologie Sexofonctionnelle.